Source: Africa Press Organisation – French
À Fataki et Bule, dans le territoire de Djugu en Ituri, les Casques bleus de la MONUSCO poursuivent leurs opérations de protection des civils dans un contexte sécuritaire encore fragile. Le commandant de la Force de la MONUSCO, le lieutenant-général Ulisses de Mesquita Gomes, s’y est rendu le 26 août alors qu’il effectuait une visite de quatre jours dans la province.
Dans ces deux localités, les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les combattants de la Convention pour la révolution populaire (CRP) ont entraîné, ces derniers mois, d’importants mouvements de population.
Face à cette situation, les Casques bleus maintiennent une présence sur le terrain, avec des patrouilles régulières, notamment aux côtés de l’armée congolaise, afin de protéger les civils, de sécuriser les principaux axes routiers et de permettre aux populations de reprendre progressivement leurs activités. Les premiers signes de cette reprise sont visibles : des habitants retournent dans leurs champs et préparent progressivement leur retour dans leurs villages.
À Fataki, une présence pour protéger et rassurer
Les Casques bleus népalais de la MONUSCO maintiennent une présence régulière, notamment le long de la RN27, une route essentielle pour les déplacements des populations et les échanges commerciaux à Fataki. De jour comme de nuit, ils patrouillent sur les principaux axes et dans les zones à risque, notamment aux côtés des FARDC. Leur présence s’étend également aux localités plus éloignées pour prévenir les violences, rassurer les communautés et faciliter leurs déplacements.
Au-delà des patrouilles, ils échangent avec les communautés et les autorités locales pour favoriser la reprise des activités et le retour progressif des déplacés.
Pour le colonel Rufin Mapela, administrateur du territoire de Djugu, ces efforts commencent à produire des résultats.
« Dans l’ensemble, nous constatons une amélioration de la situation sécuritaire avec la collaboration de la MONUSCO. Nous restons confiants dans la poursuite de cette collaboration opérationnelle afin de consolider les acquis et de permettre aux populations de regagner progressivement leurs milieux », a-t-il déclaré à l’occasion de la visite du commandant de la Force de la MONUSCO.
À Bule, l’espoir d’un retour renaît
À quelques dizaines de kilomètres de là, la protection des civils s’appuie notamment sur la base opérationnelle de Bayoo, tenue par les Casques bleus bangladais. Dans cette zone particulièrement affectée par les affrontements, ils mènent des patrouilles et des actions de proximité auprès des communautés.
Au-delà des patrouilles, le contingent bangladais mène plusieurs initiatives en faveur des communautés dans l’ensemble de sa zone de responsabilité. L’opération « Secure Harvest », destinée à sécuriser l’accès aux zones agricoles, a bénéficié à plus de 36 000 personnes, tandis que l’initiative « Safe Schooling », qui contribue à sécuriser l’accès à l’école, en a touché plus de 24 000. Depuis décembre 2025, 17 campagnes médicales ont également permis de fournir des soins à près de 1 700 personnes.
Ces actions prennent une importance particulière à Bule, où une grande partie de la population avait fui les affrontements pour trouver refuge, notamment dans le site de déplacés de la plaine de Savo. Après environ neuf mois d’absence, certains habitants reviennent désormais pendant la journée pour nettoyer leurs maisons, cultiver leurs champs et préparer leur retour.
Dans la zone, plus de 60 000 personnes vivant dans des sites de déplacés envisagent de regagner leurs villages. Mais le retour reste difficile : de nombreuses habitations et infrastructures ont été détruites, tandis que l’accès à l’eau potable, aux soins et aux autres services essentiels demeure limité.
« Nous sommes là pour protéger la population »
Pour le commandant de la Force de la MONUSCO, l’évolution observée à Fataki et Bule est encourageante, mais les efforts doivent se poursuivre aux côtés des forces congolaises.
« Nous avons longuement échangé avec le leadership des FARDC. Nous constatons que la situation sécuritaire à Fataki et Bule s’améliore grâce aux efforts conjoints de la MONUSCO et des FARDC. Nous continuons nos opérations sur le terrain pour protéger les civils et lutter contre les groupes armés. Nous espérons que les populations pourront regagner leurs villages et reprendre une vie normale. Nous sommes là pour les protéger », a déclaré le lieutenant-général Ulisses de Mesquita Gomes.
Pour Jim Mutunda, représentant du gouverneur de l’Ituri, la présence de la MONUSCO aux côtés des forces nationales contribue à créer les conditions nécessaires au retour des civils.
« Le souhait du gouverneur est que les populations puissent quitter les sites de déplacés et rentrer dans leurs milieux. La MONUSCO est présente aux côtés des FARDC à travers les missions et les patrouilles conjointes pour accompagner et sécuriser les populations », a-t-il fait savoir.
Après Komanda et Bogoro la veille, cette étape à Fataki et Bayoo a permis au commandant de la Force de réaffirmer l’engagement de la MONUSCO à poursuivre ses efforts pour la protection des civils en Ituri.
Distribué par APO Group pour Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO).
