Journée Internationale de la Fille (JIFI) 2026 : Le Bénin réaffirme son engagement contre le mariage des enfants

Source: Africa Press Organisation – French

Le Ministère de la Famille et de l’Action Sociale (MFAS) a célébré le mardi 6 octobre 2026, à l’hôtel Novotel Orisha de Cotonou, la 15ᵉ édition de la Journée Internationale de la Fille (JIFI), sous le thème : « Mettre fin au mariage d’enfants : investir dans les droits des filles et soutenir leur leadership pour un avenir meilleur ». Membres du Gouvernement, représentants des Institutions de la République, du Système des Nations Unies (SNU), des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), de la société civile et des communautés se sont retrouvés aux côtés de nombreuses filles, autour d’un même objectif : faire reculer ce fléau. 

Ce sont d’ailleurs les filles qui ont donné le ton. Après le mot de bienvenue du représentant du Préfet du Littoral, Madame Auréole KPONON, Trésorière générale du Conseil Consultatif Départemental des Enfants du Littoral, a exprimé leurs attentes en matière de protection, d’éducation et de participation. La Directrice générale de l’Action sociale, Madame Nadège AHOGA, a ensuite présenté les avancées du Bénin dans la promotion des droits des filles. 

Saluant ces efforts au nom du SNU, le Coordonnateur résident de l’UNICEF, Monsieur Ousmane NIANG, a appelé à des « investissements ciblés, intégrés, fondés sur les données et pérennes », un engagement aussi réaffirmé par le Groupe thématique Genre et Protection sociale, sous le leadership de l’Ambassadrice du Canada. 

Ces appels ont trouvé un prolongement concret lors de la Table ronde consacrée au Programme National de Lutte contre le Mariage des Enfants (PNLME), adopté en Conseil des ministres le 3 septembre 2025. Les échanges ont porté sur sa mise en œuvre, notamment la mobilisation des ressources et la pérennisation des financements nécessaires à la lutte contre le mariage des enfants. 

Mademoiselle Bignon Laura Violenne SOHOU, présidente du Conseil Consultatif National des Enfants du Bénin, qui portait la voix des enfants au sein du panel, a invité les partenaires à tenir compte de leurs priorités, rappelant que toute action menée pour les enfants sans eux risque d’être menée contre eux. 

Touché par les propos des filles, le Ministre de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Monsieur Hugues Oscar LOKOSSOU, a annoncé trois engagements : sécuriser les ressources nationales, inscrire les financements des PTF dans la durée et adapter les instruments financiers aux mécanismes de financement à impact social. 

C’est sur ces engagements que la Ministre de la Famille et de l’Action Sociale, Madame Véronique TOGNIFODÉ, a ouvert son discours de clôture, en rappelant que 336 cas de mariage d’enfants ont été enregistrés entre janvier 2025 et juin 2026 par la Ligne d’Assistance aux Enfants (LAE). « Ces chiffres sont un appel à maintenir les actions en cours et à accroître nos efforts », a-t-elle souligné. La Ministre TOGNIFODÉ a réaffirmé la détermination du Gouvernement du Président Romuald WADAGNI à faire de la protection et de la promotion des filles une priorité de l’action publique. Elle a lancé un appel pressant à tous les acteurs pour renforcer la prévention, dénoncer les tentatives et davantage protéger les filles contre le mariage des enfants en faisant évoluer les normes culturelles. 

Après avoir remercié les partenaires ainsi que le Ministre Hugues Oscar LOKOSSOU pour les annonces faites, la Ministre de la Famille et de l’Action Sociale a laissé place à un intermède artistique poignant assuré par Pépé Oléka.

Distribué par APO Group pour Gouvernement de la République du Bénin.

Media files

De la Somalie au Soudan, Organisation des Nations Unies (ONU) et Union Africaine (UA) veulent muscler leur front commun pour la paix

Source: Africa Press Organisation – French

De la Somalie au Soudan, en passant par la République démocratique du Congo (RDC) et la Corne de l’Afrique, l’ONU et l’Union africaine (UA) veulent donner un nouveau souffle à leur partenariat pour la paix. Au Conseil de sécurité, les deux organisations ont appelé mardi à passer des cadres et des engagements à une action plus rapide sur le terrain.

La mesure de ce partenariat est en définitive son « impact » sur la vie des personnes touchées par les conflits et l’insécurité, ont déclaré le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’UA, Parfait Onanga-Anyanga, et le commissaire de l’UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, devant les membres du Conseil de sécurité. 

Pour M. Onanga-Anyanga, l’ampleur et la complexité des crises actuelles exigent « un partenariat plus fort », capable d’anticiper les crises, de s’attaquer aux facteurs qui les alimentent et de transformer les engagements communs en une action « rapide, prévisible et responsable ».

L’un des principaux tests de cette coopération se joue dans les opérations de soutien à la paix. 

La Somalie, laboratoire du partenariat

La Somalie constitue aujourd’hui l’un des exemples les plus concrets de cette coopération. La Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) assure des responsabilités sécuritaires sur le terrain avec le soutien des Nations Unies.

Selon M. Adeoye, l’AUSSOM « tient le terrain qu’aucune autre force ne peut tenir aujourd’hui », tandis que le Bureau de soutien de l’ONU en Somalie (UNSOS) fournit notamment la logistique, les évacuations médicales et l’aviation nécessaires à son fonctionnement. Les deux organisations coordonnent également le transfert progressif des responsabilités de sécurité aux institutions somaliennes.

Cette coopération est toutefois confrontée à un défi majeur : la perspective de la fin du soutien de l’ONU après 2026. L’Union africaine plaide pour une transition « ordonnée et séquencée », afin que les forces de sécurité somaliennes puissent reprendre les zones concernées à mesure qu’elles sont en mesure de les sécuriser.

Vers des opérations africaines mieux préparées

Au-delà de la Somalie, l’ONU et l’UA travaillent à renforcer les capacités de la Force africaine en attente (FAA), force internationale de maintien de la paix composée d’unités militaires, de police et de civils pour intervenir en cas de crise sur le continent africain.

Un autre chantier important concerne la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, adoptée en 2023. Celle-ci prévoit un cadre pour le financement des opérations de soutien à la paix conduites par l’UA et autorisées par le Conseil.

Un exercice conjoint de simulation est actuellement en préparation. Il doit permettre de tester, dans un scénario fictif, les modalités de déploiement d’une opération dirigée par l’UA, de clarifier les rôles des deux organisations et d’identifier d’éventuelles lacunes avant une première mise en œuvre opérationnelle.

« Le cadre est prêt à être utilisé », a affirmé M. Adeoye, appelant le Conseil de sécurité à profiter de l’examen prévu de la résolution pour déterminer comment celle-ci pourrait être appliquée pour la première fois.

Une coopération qui dépasse les opérations de paix

Le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine (UA) va bien au-delà des opérations de paix. Les deux organisations renforcent leur action commune dans la prévention des conflits, la médiation, les droits humains, le développement et la résilience climatique.

En mai, à Addis-Abeba, leurs dirigeants ont réaffirmé trois cadres communs portant sur la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains. Cette coopération s’appuie sur des mécanismes de coordination renforcés, notamment le Groupe de travail conjoint sur la paix et la sécurité et des consultations régulières avec les organisations régionales.

Sur le terrain, l’ONU et l’UA coordonnent leurs efforts au Soudan, où elles œuvrent à favoriser un règlement politique. En RDC, les processus de Washington, Doha et de l’UA sont largement alignés, tandis que la mission de paix des Nations Unies (MONUSCO) contribue au suivi du cessez-le-feu. Dans la Corne de l’Afrique et au Soudan du Sud, les deux organisations soutiennent également les efforts de diplomatie préventive.

Prévenir plutôt que gérer les crises

Pour Parfait Onanga-Anyanga, l’évolution des conflits africains impose de dépasser une approche limitée à la gestion des crises. La prévention, le dialogue, la réforme du secteur de la sécurité et la participation des femmes et des jeunes doivent être intégrés à l’ensemble du cycle des conflits.

L’ONU et l’UA coopèrent ainsi à la mise en œuvre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité. Une mission de haut niveau menée au Mali en août a notamment réuni plus de 200 femmes dans un forum régional consacré à leur participation aux efforts de paix.

Les deux organisations poursuivent enfin leur coordination au plus haut niveau. Le 11e séminaire conjoint informel et la 20e réunion consultative annuelle entre leurs deux Conseils de sécurité et de paix sont prévus à New York les 22 et 23 octobre. L’objectif affiché est de passer davantage de la consultation à l’alignement et à l’action commune.

Distribué par APO Group pour UN News.

Media files

À Djibouti, les routes de l’exil se croisent dans les deux sens

Source: Africa Press Organisation – French

D’un côté, des milliers de personnes fuient les combats au Yémen en traversant la mer Rouge en direction de l’Afrique. De l’autre, des migrants, principalement éthiopiens, continuent de prendre la direction inverse dans l’espoir de gagner les pays du Golfe. Pris entre ces flux contraires, Djibouti voit s’accumuler sur ses routes et dans son désert des milliers de personnes bloquées.

A Obock, sur la côte nord de Djibouti, les routes de l’exil se croisent désormais dans les deux sens. Depuis trois semaines, plus de 3 700 réfugiés ont débarqué sur les côtes djiboutiennes après avoir fui les combats au Yémen. Dans le même temps, des milliers de migrants venus d’Ethiopie continuent de traverser le pays dans la direction opposée, avec l’intention de franchir à leur tour la mer Rouge pour rejoindre le Yémen, puis, espèrent-ils, l’Arabie saoudite ou d’autres pays du Golfe.

Cette circulation à contre-courant place le petit Etat de la Corne de l’Afrique au centre de plusieurs crises qui se superposent. « Djibouti est confronté à des mouvements dans les deux directions », a résumé, mardi, Alexandre Coissac, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le pays, lors d’un point de presse des Nations Unies à Genève. « Des personnes fuyant le Yémen arrivent comme réfugiés, des migrants continuent de se rendre vers le Yémen et d’autres migrants reviennent ».

Depuis le 10 septembre, l’OIM a ainsi recensé plus de 20 000 mouvements de migrants entrant à Djibouti depuis l’Ethiopie. Dans l’autre sens, 539 Éthiopiens revenus du Yémen ont atteint le territoire djiboutien pendant la même période. Entre le 20 et le 30 septembre seulement, plus de 3 000 migrants bloqués ont été repérés le long des routes migratoires du pays. Déshydratation, épuisement, manque d’eau et de nourriture : ceux qui restent immobilisés dans les zones désertiques sont particulièrement vulnérables.

Une guerre qui ne tarit pas les départs

Le paradoxe est d’autant plus saisissant que le Yémen, longtemps pays de transit sur la route du Golfe, connaît depuis septembre une nouvelle flambée de sa guerre civile. Après plusieurs années d’accalmie relative à la suite de la trêve négociée par l’ONU en 2022, les combats ont repris avec violence entre les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, et les forces du gouvernement internationalement reconnu, appuyées par l’Arabie saoudite. Les affrontements se sont notamment concentrés autour de Taëz et sur la côte de la mer Rouge, à proximité du détroit stratégique de Bab Al-Mandab.

Lundi, les forces gouvernementales y ont lancé une nouvelle offensive, soutenue par l’aviation saoudienne, pour reprendre plusieurs positions aux houthistes. Selon l’ONU, la dernière escalade a désormais déplacé près de 174 000 personnes à l’intérieur du Yémen.

Pourtant, le danger ne suffit pas à interrompre la migration dans l’autre sens. La « route de l’Est », qui relie la Corne de l’Afrique au Yémen puis aux Etats du Golfe, demeure l’un des corridors migratoires les plus fréquentés et les plus dangereux au monde. Au premier trimestre 2026, l’OIM avait déjà enregistré 152 700 mouvements sur cet axe, en hausse de 8 % sur un an. L’agence onusienne anticipait le maintien de flux importants, alimentés notamment par les difficultés économiques, l’insécurité alimentaire, l’endettement des ménages et le manque de perspectives dans les pays de départ.

Le plus frappant, selon Alexandre Coissac, est que nombre des migrants rencontrés par l’OIM semblent mal mesurer l’ampleur de la dégradation au Yémen. « Ils entendent dire qu’il y a un conflit au Yémen, mais n’ont pas les détails de ce qui se passe actuellement dans le pays », a-t-il expliqué. L’agence tente de les informer du fait que des Yéménites empruntent précisément en sens inverse la mer qu’ils s’apprêtent à traverser. Mais, selon le responsable, leur détermination reste intacte, d’autant plus que leur destination finale n’est pas le Yémen, mais le Golfe.

Des itinéraires toujours plus difficiles à suivre

Ceux qui poursuivent leur route s’exposent pourtant à une succession de dangers. En 2025, 922 morts ou disparitions avaient été recensés sur la route de l’Est, presque deux fois plus qu’en 2024, ce qui en avait fait l’année la plus meurtrière enregistrée par l’OIM depuis le lancement de son dispositif de suivi en 2014. Au seul premier trimestre 2026, 94 nouveaux morts ou disparus avaient été signalés, dont 61 à Djibouti.

L’OIM distribue eau et nourriture aux personnes qu’elle parvient à atteindre et accueille dans ses centres de transit celles qui demandent une aide au retour volontaire. Mais elle fait état de besoins croissants en soins médicaux et en services de protection, ainsi qu’en kits d’hygiène destinés notamment aux femmes et aux filles.

A ces besoins s’ajoutent désormais ceux des réfugiés arrivant du Yémen. A la mi-septembre, les Nations Unies avertissaient déjà que les nouvelles arrivées risquaient de dépasser les capacités d’accueil du pays. La plupart débarquent autour d’Obock, où les infrastructures et les communautés locales sont elles-mêmes sous pression.

Les autorités djiboutiennes ont jusqu’ici « réagi rapidement », a souligné M. Coissac. Mais, dans un pays d’un peu plus d’un million d’habitants, l’équation se complique à mesure que les traversées se poursuivent. Sur les deux rives de la mer Rouge, les trajectoires se répondent désormais avec une ironie tragique. Certains risquent leur vie pour quitter une guerre que d’autres sont encore prêts à traverser afin d’atteindre, plus loin, la promesse d’une vie meilleure.

Distribué par APO Group pour UN News.

Media files

Gestion des risques de catastrophe au Bénin : Le gouvernement mobilise les acteurs pour une réponse coordonnée

Source: Africa Press Organisation – French

Les membres de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophe et d’adaptation aux changements climatiques se sont réunis ce mardi 6 octobre 2026 dans la salle de conférence du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Pour l’occasion, trois ministres du gouvernement ont effectué le déplacement aux côtés de Djibril MAMA CISSÉ, Ministre délégué auprès du Président de la République chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Il s’agit du Ministre du Cadre de vie, chargé des Transports terrestres, Georges ALE ; du Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier YAHOUEDEOU ; et du Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Édouard DAHOME. Aux côtés de cette délégation gouvernementale, des représentants des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations humanitaires internationales ont également pris part aux échanges. 

À l’ouverture de la session, le Ministre Djibril MAMA CISSÉ a rappelé que les inondations, pluies extrêmes, épisodes de sécheresse, vents violents, incendies, épidémies et autres aléas peuvent, en peu de temps, affecter des milliers de personnes, perturber les activités économiques, dégrader les infrastructures, compromettre les moyens de subsistance et saturer les services essentiels. Il a souligné qu’en 2026, le Bénin a recensé 349 580 personnes sinistrées, réparties dans 52 583 ménages, 1 199 villages et 219 Arrondissements. 

Face à l’ampleur des impacts humains, sociaux, économiques et financiers, le Ministre a insisté sur la nécessité d’appréhender la réduction des risques non seulement sous l’angle humanitaire, mais aussi comme un enjeu stratégique de sécurité, d’aménagement du territoire et de développement durable. Il a ainsi invité les membres de la plateforme à faire de cette instance un instrument clé d’anticipation et d’aide à la décision, notamment par le renforcement du partage d’informations, la coordination des secours, la cartographie des zones vulnérables et l’intégration systématique de la résilience dans les politiques publiques. 

Au cours des travaux, le Directeur Général de l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC), Abdel Aziz BIO DJIBRIL, a dressé un bilan détaillé des dégâts provoqués par les intempéries, éboulements, vents violents et chutes de pierres. Selon son rapport, ces phénomènes ont engendré de sévères inondations, la rupture d’ouvrages de franchissement dans plusieurs localités et des pertes en vies humaines par noyade. 

Afin de faire face aux conséquences de ces chocs climatiques, l’Agence évalue le besoin de financement à un peu plus de 290 milliards de francs CFA. Les partenaires et parties prenantes ont été exhortés à se mobiliser activement pour mobiliser ces ressources au profit des programmes de relèvement et de prévention. 

La réunion s’est achevée par une phase d’échanges sur les préoccupations soulevées par l’assistance. À l’issue des discussions et des engagements formulés, l’Agence Béninoise de Protection Civile a réaffirmé sa détermination à assurer pleinement son rôle de chef de file dans la coordination de la gestion des catastrophes et la résilience climatique au Bénin.

Distribué par APO Group pour Gouvernement de la République du Bénin.

Media files

Ebola : un premier cas importé confirmé au Kenya

Source: Africa Press Organisation – French

Le Kenya renforce sa riposte après un premier cas importé d’Ebola, confirmé chez un ressortissant revenu de République démocratique du Congo (RDC) et décédé à Nairobi. Dans l’est de la RDC, l’épidémie continue de bouleverser les familles : plus de 1 900 enfants ont perdu un ou leurs deux parents, ou ont été séparés de leurs proches, selon l’UNICEF

Le Kenya est devenu le quatrième pays à confirmer un cas de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo, après la RDC, l’Ouganda et la France. L’épidémie reste active dans l’est de la RDC, tandis que celle survenue en Ouganda s’est achevée en août. La France avait signalé un cas lié à un voyage en juin.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appuie les autorités kényanes pour prévenir toute propagation du virus.

Le patient, un ressortissant kenyan qui vivait en RDC, y était tombé malade et avait été soigné dans plusieurs établissements. Le 2 octobre, il a rejoint Kampala (Ouganda) par la route, via Beni (RDC), avant de prendre un avion pour Nairobi, où il est arrivé le lendemain.

Hospitalisé et rapidement isolé à son arrivée, il a été testé positif par deux laboratoires kényans. Malgré les soins, il est décédé dans la nuit du 5 octobre. Il a été inhumé le 6 octobre selon le protocole d’inhumation sûre et digne prévu pour Ebola.

Le Kenya a notifié ce cas à l’OMS le 6 octobre, conformément au Règlement sanitaire international.

Retrouver les contacts et contenir le virus

Les autorités ont recensé 28 contacts, dont des proches et des soignants. Elles recherchent également 23 passagers et quatre membres d’équipage du même vol. Le suivi et la quarantaine des personnes considérées comme à risque sont en cours d’organisation.

Avec l’OMS, le gouvernement renforce l’enquête, la surveillance des contacts, le dépistage aux points d’entrée à haut risque et l’information des communautés.

« La priorité est désormais d’agir rapidement pour détecter tout nouveau cas avant que le virus ait la possibilité de se propager », a déclaré le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.

En alerte renforcée depuis les déclarations d’épidémies en RDC et en Ouganda en mai, le Kenya avait déjà soumis plus de 652 000 voyageurs à un dépistage, analysé 267 échantillons suspects et formé environ 5 000 professionnels de santé au 6 octobre.

« La préparation aux urgences sanitaires nous donne une longueur d’avance », a souligné le Dr Janabi.

L’OMS et ses partenaires ont soutenu des simulations et des formations à l’intervention rapide. Des unités d’isolement ont été identifiées et évaluées dans 27 comtés à haut risque, et les outils de surveillance actualisés.

L’OMS a également fourni environ 1 000 tests Ebola et 1 000 kits de protection individuelle. L’indicateur de préparation du pays est passé de 66 % en mai à 82 % en juillet.

Sur la base des informations disponibles, l’OMS déconseille toute restriction aux voyages ou au commerce avec la RDC, l’Ouganda ou le Kenya.

En RDC, une épidémie qui bouleverse les familles

Alors que le Kenya cherche à prévenir toute propagation, le foyer épidémique reste actif dans l’est de la RDC, notamment en Ituri et au Nord-Kivu.

Selon le bilan arrêté au 3 octobre, 8 544 cas confirmés ont été recensés, dont 4 114 décès, soit une létalité de 48,2 %. Quelque 2 230 patients ont été déclarés guéris, tandis que 824 étaient encore isolés ou hospitalisés.

Au-delà du bilan sanitaire, les conséquences pour les enfants sont considérables. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) indique que plus de 1 900 enfants ont perdu un ou leurs deux parents, ou ont été séparés de leurs parents ou tuteurs depuis le début de l’épidémie, en mai.

Au 28 septembre, 1 581 de ces enfants avaient été recensés en Ituri et 322 au Nord-Kivu.

« Pour les enfants, Ebola peut déclencher une réaction en chaîne aux conséquences graves », a déclaré Lucia Elmi, Directrice des opérations d’urgence de l’UNICEF, à l’issue d’une visite à Bunia, épicentre de l’épidémie.

« Un parent tombe malade et l’enfant risque d’être exposé. Ce parent est ensuite hospitalisé ou décède, laissant l’enfant sans la personne dont il dépend, tandis que la peur de la contagion et la stigmatisation dissuadent les proches et les voisins d’intervenir ».

Des enfants particulièrement vulnérables

À Bunia, l’UNICEF a également identifié 214 enfants vivant et travaillant dans la rue qui ont besoin de protection. Sans tuteur, ils courent un risque d’infection et risquent d’échapper au suivi des contacts ou de ne pas recevoir de soins s’ils tombent malades. Ils sont aussi davantage exposés à l’exploitation et à la violence.

Les enfants paient un lourd tribut à l’épidémie. Au 29 septembre, au moins 2 076 avaient été testés positifs à Ebola et au moins 1 162 en étaient décédés, selon une analyse de l’UNICEF portant sur les données du ministère de la Santé pour lesquelles l’âge des patients était renseigné.

Ils représentent plus d’un cas confirmé sur quatre, mais environ un décès sur trois. Les plus jeunes sont particulièrement menacés : sept enfants de moins de cinq ans sur dix atteints d’Ebola en sont morts, contre six sur dix quelques semaines auparavant. Beaucoup décèdent avant même de pouvoir accéder à un traitement.

L’UNICEF soutient des crèches près des centres de traitement

« À Bunia, j’ai rencontré Lina, un bébé de sept mois qui a survécu à Ebola après avoir perdu sa mère, emportée par la maladie », a raconté Mme Elmi.

« Son histoire nous rappelle avec force que soigner un enfant atteint d’Ebola ne suffit pas. Des espaces dédiés aux tout-petits doivent faire partie intégrante de tout centre de traitement contre Ebola : ils protègent les enfants et rassurent les parents, qui sont ainsi plus enclins à se faire soigner, sachant que leurs enfants sont en sécurité et à proximité ».

Pour répondre à ces besoins, l’UNICEF soutient 12 crèches installées à proximité des centres de traitement d’Ebola en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Elles accueillent les enfants exposés au virus, non accompagnés ou dont les personnes qui s’occupent d’eux sont en cours de traitement. Ce dispositif permet aussi de surveiller l’apparition d’éventuels symptômes et d’orienter rapidement les enfants vers des soins pédiatriques.

L’UNICEF assure également la recherche des familles, le regroupement familial et la mise en place de solutions de prise en charge alternative. Les services soutenus par l’agence ont bénéficié à plus de 90 000 personnes grâce à des séances de psychoéducation, tandis que près de 16 000 proches ont reçu un soutien psychosocial à domicile.

Pour poursuivre ces actions, l’UNICEF demande 150,8 millions de dollars, dont 113,4 millions pour la réponse en RDC. À ce jour, 40,1 millions ont été mobilisés.

Distribué par APO Group pour UN News.

Media files

Coopération bilatérale : le Royaume-Uni réaffirme son engagement à aller de l’avant dans le partenariat avec le Burkina Faso

Source: Africa Press Organisation – French


Le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie TRAORE, a reçu ce lundi du 05 octobre 2026, l’envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Sahel, Monsieur Jonathan CROFT en visite de travail au Burkina Faso, accompagné de l’ambassadeur du Royaume-Uni au Burkina Faso, SEM Agnus MCKEE.

L’envoyé spécial du Royaume-Uni dit être venu échanger avec le Chef de la diplomatie burkinabè sur des perspectives de renforcement des relations de coopération entre son pays et le Burkina Faso, notamment dans le domaine des investissements et de la résilience face aux changements climatiques.

Pour lui, cette audience s’inscrit dans le prolongement des échanges entre le Camarade ministre des Affaires étrangères et la ministre britannique en charge du développement international, en septembre dernier à New York, en marge de la 81e Assemblée générale de l’ONU.

L’envoyé spécial a d’ailleurs salué l’organisation de l’évènement parallèle de la Confédération AES au Nations Unies, en ce sens qu’il a permis d’apporter une réponse aux narratifs erronés et de montrer un pan des avancées notables dans l’espace confédéral.

Reconnaissant que le terrorisme n’a pas de frontière, il a également salué les initiatives telles que la MISAHEL et a encouragé une approche plus globale dans la sous-région pour mieux faire face à ce phénomène.

Pour le Chef de la diplomatie burkinabè, une approche globale face au terrorisme pourrait avoir un succès à priori, mais cela nécessite une reconstruction de la confiance et une harmonisation dans la définition et la perception du terrorisme par l’ensemble des pays de la sous-région, qui sont touchés ou menacés par ce phénomène qui n’est pas endémique.

A l’issue des échanges, le diplomate britannique, s’est réjoui de l’ouverture des autorités burkinabè et a salué cette opportunité qui lui a été offerte, pour exprimer le souhait de son pays de développer davantage l’axe Ouagadougou-Londres.

Distribué par APO Group pour Ministère des Affaires étrangères, Burkina Faso.

Les Président-Directeur Général (PDG) africains se montrent optimistes, mais le risque de crédit et les obstacles réglementaires freinent le commerce intra-africain

Source: Africa Press Organisation – French


Les résultats préliminaires de l’enquête PAFTRAC (https://PAFTRAC.Afreximbank.com/) 2026 auprès des PDG africains sur le commerce, présentés lors du Forum public de l’OMC à Genève, ont révélé que 81,3 % des cadres supérieurs s’attendent à ce que leurs activités transfrontalières se développent au cours des douze prochains mois.

Le commerce intra-africain a dépassé la Chine, l’Europe et les États-Unis en tant que principale destination ciblée par les dirigeants. Cependant, le commerce intra-africain de marchandises reste bloqué entre 15 et 18 % du total des exportations et n’a que très peu progressé malgré la mise en œuvre opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Cette enquête, qui en est désormais à sa sixième édition et dont l’échantillon est passé de 400 répondants en 2021 à plus de 2 500 en 2026, constitue l’un des baromètres les plus fiables du sentiment des dirigeants africains à l’égard du commerce. Ses conclusions mettent en évidence un continent où l’appétit pour l’intégration régionale dépasse les capacités des systèmes conçus pour la rendre possible.

Un surcoût de 31 milliards de dollars pour le commerce africain

Au cœur de ce fossé structurel se trouve un obstacle financier qui va au-delà de l’accès au capital. Les emprunteurs souverains et institutionnels africains se voient systématiquement attribuer des notations de risque par les agences de notation occidentales qui, selon une analyse de la SFI, se traduisent par un surcoût estimé à 31 milliards de dollars par an.

« Le cœur du problème réside dans la perception du risque, ou ce que beaucoup d’entre nous appellent une “prime de préjugé” », a déclaré le professeur Patrick Utomi, président de PAFTRAC. « Lorsqu’une économie en pleine guerre obtient des conditions de financement plus avantageuses qu’un État africain stable et en paix, c’est que le système interprète mal la réalité. Des règles mondiales obsolètes et des méthodologies de notation subjectives imposent une taxe directe sur le commerce africain. »

Les conséquences sont considérables. Au total, 57 % des dirigeants interrogés ont qualifié l’accès au financement du commerce pour les transactions transfrontalières de difficile ou très difficile. La SFI estime le déficit de financement des PME africaines à plus de 331 milliards de dollars.

La mise en œuvre est le goulot d’étranglement

Les conclusions de l’enquête sur la ZLECAf révèlent un fossé profond entre la volonté commerciale et la réalité opérationnelle. Alors que 70,2 % des personnes interrogées font état d’un impact opérationnel tangible des réformes liées à la ZLECAf, la connaissance des mécanismes permettant sa mise en œuvre concrète reste très limitée.

Plus de la moitié des personnes interrogées ne connaissent pas le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), un dispositif conçu pour contourner les frictions liées à la compensation en dollars dans les transactions intra-africaines. La connaissance de l’« E-Tariff Book », de l’Observatoire africain du commerce et des outils de signalement des barrières non tarifaires de la ZLECAf est tout aussi limitée.

Rapport complet : octobre 2026

Cette présentation constituait la première présentation publique des résultats préliminaires de l’enquête. La publication du rapport complet de l’enquête PAFTRAC 2026 auprès des PDG africains sur le commerce est prévue pour octobre 2026. Il fournira une analyse exhaustive des barrières commerciales, des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la ZLECAf et des contraintes de financement, et présentera des recommandations de politique publique émanant du secteur privé, formulées à partir des réponses de plus de 2 500 dirigeants à travers le continent.

Pour recevoir le rapport complet ou participer au webinaire de lancement, veuillez vous rendre sur : https://apo-opa.co/4rRN0y2

Distribué par APO Group pour Pan-African Private Sector Trade and Investment Committee (PAFTRAC).

Notes à l’attention des rédacteurs :
Les conclusions préliminaires ont été présentées lors du Forum public de l’OMC 2026, qui s’est tenu à Genève le 16 septembre 2026, dans le cadre d’une session organisée par Afreximbank et PAFTRAC. Le panel de cette session était composé du professeur Patrick Utomi (PAFTRAC), d’Helina Bischoff (Swiss-Africa Business Circle), de Miyoba Lubemba (Centre du commerce international) et de Vasiliki Mavroeidi (Centre de développement de l’OCDE), sous la modération de Lukwesa Burak (African Business Magazine).

Contact presse :
Pour plus d’informations sur le rapport « PAFTRAC Africa CEO Trade Report 2026 », y compris l’accès à la présentation complète des résultats préliminaires, veuillez contacter Rawan El Araby par e-mail à l’adresse r.elaraby@icpublications.com

À propos de PAFTRAC :
le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (PAFTRAC) rassemble les dirigeants du secteur privé africain et offre une plateforme de plaidoyer unique qui met en relation le secteur privé africain et les décideurs politiques africains afin de soutenir le commerce et les investissements intra- et extra-africains, ainsi que l’entrepreneuriat panafricain. Cette plateforme contribue à faire progresser les priorités panafricaines en fournissant un cadre pour l’engagement du secteur privé sur les questions de commerce et d’investissement en Afrique, notamment l’élaboration des politiques et les négociations commerciales, afin de soutenir les économies africaines conformément aux ambitions de l’Agenda 2063 : « L’Afrique que nous voulons ». PAFTRAC renforce le plaidoyer et soutient les actions et recommandations du secteur privé en matière de commerce et d’investissement aux niveaux national, régional et multilatéral, ainsi qu’au niveau des corridors commerciaux.

Madagascar – Égypte : Présentation des copies figurées des lettres de créance de la nouvelle Ambassadeur d’Égypte à Madagascar

Source: Africa Press Organisation – French

L’Ambassadeur désignée de la République arabe d’Égypte à Madagascar, S.E.Mme Sylvia Fouad Gorgi MIKHAIL, a présenté les copies figurées de ses lettres de créance à la Ministre des Affaires étrangères, Mme N’DIAYE Alice.

Le renforcement de la coopération entre Madagascar et l’Égypte à la suite de la visite officielle de M. le Président de la Refondation de la République de Madagascar en juillet 2026, les nouvelles perspectives de partenariats à travers, notamment, les échanges de visites sectorielles ainsi que l’ouverture prochaine d’une Ambassade de Madagascar au Caire, ont été au coeur des échanges.

Distribué par APO Group pour Ministère des Affaires Etrangères, Madagascar.

Media files

Seul 1 des 26 stades du Nigéria répond aux normes internationales. Le pays a besoin d’un nouveau modèle (Par Mitchell Obi)

Source: Africa Press Organisation – French

Par Mitchell Obi*, Ancien Président d’AIPS Afrique (Association Internationale de la Presse Sportive) (www.AIPSmedia.com)

Le Nigéria compte environ 26 stades. Quatre appartiennent au gouvernement fédéral. Les autres sont répartis dans les États. Ils ont été construits avec de l’argent public, pour la fierté nationale, à un coût énorme.

Et un seul d’entre eux, le Godswill Akpabio Stadium d’Uyo, répond aujourd’hui aux normes de la FIFA et de la CAF pour accueillir un match international de football.

Si Lionel Messi devait jouer au Nigéria demain, il n’y aurait qu’un seul stade dans tout le pays où le match pourrait être autorisé. Un seul stade. Dans un pays de 230 millions d’habitants. Dans la première économie d’Afrique.

Ce n’est pas un problème de financement. Le Nigéria a dépensé des milliards pour ses stades depuis six décennies. Le Moshood Abiola National Stadium d’Abuja compte 60 500 places. Le National Stadium de Lagos en compte 45 000. Le Liberty Stadium d’Ibadan en compte 25 000. Nous les avons construits. Nous y avons organisé des tournois. Et puis nous les avons abandonnés.

Ces stades sont utilisés pour une poignée d’événements par an. Les 335 jours restants, ils restent vides, se dégradent, consommant l’argent du contribuable pour un entretien qui n’entretient quasiment rien. Un stade de 74 000 places au Nigéria se loue entre 200 000 et 300 000 nairas. Ce n’est pas un revenu. C’est une humiliation.

Le problème ne vient pas des stades eux-mêmes. Le problème vient du modèle. Nous avons construit des stades comme des monuments. Nous aurions dû les construire comme des économies.

Un stade, en soi, est un coût. Il génère des revenus les jours de match et draine les finances publiques tous les autres jours. Mais lorsqu’un stade devient le point d’ancrage d’un district sport et divertissement intégré, combinant hôtels, restaurants, commerces, centres de conférence, salles de sport, cinémas, écoles, logements et bureaux au sein d’un même ensemble planifié, il se transforme d’un passif en une économie qui génère des revenus 365 jours par an.

Mon ami Nicolas Pompigne-Mognard, Fondateur d’African Collaborations Group, appelle ce modèle Victory District™. Moi, je l’appelle du bon sens.

Prenons le Moshood Abiola National Stadium d’Abuja. On y entre par une porte magnifique. Derrière elle se trouve une installation autrefois qualifiée de world-class lorsqu’elle a été construite pour les Jeux Africains. Aujourd’hui, c’est, de l’avis général, un éléphant blanc. Mais le terrain est là. Les fondations sont là. L’emplacement, au cœur de la capitale fédérale, est extraordinaire.

Imaginez maintenant ce même site transformé en district sportif. Le stade est rénové et mis aux normes FIFA. Autour de lui, des hôtels s’élèvent. Des centres de conférence et d’exposition ouvrent. Des restaurants, des commerces et des lieux de divertissement s’activent. Des académies de formation et des centres de sciences du sport forment la prochaine génération d’athlètes nigérians. Un hub de transport relie le district à la ville.

Chaque jour, les gens viennent. Pas seulement les jours de match. Chaque jour. Pour travailler, manger, faire des achats, s’entraîner, séjourner, se divertir. Les revenus affluent. Des emplois sont créés. Le contribuable cesse de payer pour un stade vide et commence à bénéficier d’une économie urbaine florissante.

Ce n’est pas de la fiction. Regardez Zamalek au Caire. Pour obtenir une place dans ce club sportif, il faut être membre, et l’adhésion est chère et convoitée. Le district génère sa propre économie. Regardez ce qui se construit à Londres autour du Tottenham Hotspur Stadium. Regardez Hollywood Park à Los Angeles. Le modèle existe. Il fonctionne. Il a fait ses preuves.

Le Président Bola Ahmed Tinubu a donné à la Commission Nationale des Sports, sous la direction du Président Shehu Dikko, le mandat de créer une économie du sport. Cette économie ne peut exister sans infrastructures sportives. Mais les bonnes infrastructures sportives. Pas de nouveaux stades isolés construits pour un seul événement. Des districts sport et divertissement intégrés, conçus pour fonctionner chaque jour, générer des revenus diversifiés et être financièrement autonomes sans subvention publique.

Le plan directeur du sport présenté en 2020 projetait que le Nigéria serait prêt à accueillir la Coupe du Monde FIFA et les Jeux Olympiques d’ici 2030. Nous y sommes presque, et nous sommes plus loin de cet objectif que lorsque le plan a été rédigé. Non pas parce que nous manquons d’ambition. Parce que nous avons construit les mauvaises choses.

L’argent est dépensé. Les budgets sont approuvés. La construction est en cours dans certains endroits. Mais la question demeure : une fois l’argent dépensé, combien de ces stades répondront réellement aux normes de la FIFA ? Combien seront en mesure d’accueillir les compétitions que le Nigéria aspire à attirer ? Combien généreront les revenus nécessaires pour se maintenir sans drainer les finances publiques ? Tant que nous ne pourrons pas répondre à ces questions avec confiance, nous ne construisons pas une économie du sport. Nous chantons dans un pays étranger.

Les solutions existent. Lorsque l’ancienne Secrétaire Générale de la FIFA, Fatma Samoura, a créé la Task Force FIFA pour le Développement des Infrastructures en Afrique, elle a compris que le continent avait besoin d’une nouvelle approche. African Collaborations Group (ACG), né de cette Task Force, origine aujourd’hui exactement le type de districts sport et divertissement intégrés dont le Nigéria et le continent ont besoin. Le modèle est prêt. L’expertise est assemblée. La question est de savoir si le Nigéria saisira l’opportunité ou continuera à chanter dans un pays étranger. Il est temps d’arrêter de construire des stades et de commencer à construire des districts. Et le Moshood Abiola National Stadium d’Abuja devrait être le premier.


Mitchell Obi est l’Ancien Président d’AIPS Afrique (la branche africaine de l’Association Internationale de la Presse Sportive) et un journaliste et présentateur sportif nigérian de renom.

Distribué par APO Group pour AIPS Africa.

Media files

Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine : Âme de serviteurs, artisans de paix

Source: Africa Press Organisation – French

Finalistes des Prix du Secrétaire général des Nations Unies 2026 dans la catégorie « Protection des civils et respect du droit international humanitaire », Jean Paul Gervais Golopaye, Placide Hilaire Yamande et Brice Paulin Ngamakette partagent bien plus qu’une nomination prestigieuse. Ils partagent une même vocation : être à l’écoute des populations et contribuer, jour après jour, à bâtir la paix au cœur de la Haute-Kotto, dans la région du Fertit.

Leurs noms sont peu connus du grand public. Pourtant, sur le terrain, ils figurent parmi les visages les plus familiers de la MINUSCA. Assistants de liaison communautaire (ALC), Jean Paul Gervais Golopaye cumule 14 années de service au sein de la Mission, tandis que Placide Hilaire Yamande et Brice Paulin Ngamakette y consacrent chacun huit ans.

Leur quotidien ne se raconte pas en heures de bureau, mais en kilomètres parcourus, en dialogues facilités et en tensions désamorcées. Infatigables, ils ont fait de la protection des civils leur raison d’être. Ils créent et animent des réseaux communautaires d’alerte précoce, favorisent les échanges entre communautés, autorités locales et MINUSCA, soutiennent les initiatives de cohésion sociale et renforcent les capacités des acteurs locaux en matière de médiation et de coexistence pacifique.

Mais au-delà des actions, ce sont les populations qui les marquent profondément. À mi-parcours de l’année, lorsqu’on leur demande ce qui les a le plus marqués dans leur travail, les trois collègues évoquent d’abord la résilience humaine. « Ce qui me touche le plus, c’est la dignité et la résilience des populations qui continuent d’espérer un avenir meilleur malgré les nombreuses difficultés auxquelles elles sont confrontées », confie Jean Paul Gervais Golopaye.

Brice Paulin Ngamakette observe, lui aussi, cette capacité à regarder vers l’avenir lorsqu’il évoque « l’espoir d’un avenir meilleur malgré les difficultés et une aspiration communautaire au vivre-ensemble ». Plus analytique, Placide Hilaire Yamande souligne que « malgré l’instrumentalisation ethnique ou religieuse des conflits, les populations aspirent profondément à la paix, conscientes que leur survie dépend de leur interdépendance socio-économique ». Cette proximité avec les communautés leur confère également une compréhension fine de la perception qu’ont les populations de la MINUSCA. « Nos interlocuteurs sont généralement optimistes et portent un regard positif sur la Mission », explique Brice Paulin Ngamakette. « Au regard des appuis multidimensionnels apportés à la stabilisation de la République centrafricaine, ils souhaitent que la MINUSCA poursuive son mandat ».

Des attentes élevées, parfois même considérables, qui témoignent aussi des défis persistants auxquels font face les institutions publiques. « Face à la fragilité de l’État et à la présence limitée de certaines institutions dans les régions et les villages, les populations se tournent souvent vers la MINUSCA et nourrissent des attentes toujours plus importantes», observe Placide Hilaire Yamande.

Alors, à quoi ressemblerait le succès ? Pour Jean Paul Gervais Golopaye, il se concrétisera « lorsque les communautés vivront durablement en paix, régleront leurs différends par le dialogue et feront pleinement confiance aux institutions de l’État pour répondre à leurs besoins ». Brice Paulin Ngamakette partage cette même ambition d’une paix définitive et durable sur l’ensemble du territoire centrafricain. Quant à Placide Hilaire Yamande, il estime que « le succès de notre mission se mesurera à la capacité de l’État à exercer pleinement ses fonctions régaliennes, à garantir la sécurité des populations, le respect des droits fondamentaux et la continuité des services publics essentiels ».

À travers leurs parcours, leurs convictions et leur engagement quotidien, ces trois artisans de paix incarnent l’esprit même du service des Nations Unies : accompagner les populations jusqu’au jour où elles n’auront plus besoin de protection, parce que la paix sera devenue la norme.

Leur véritable récompense, elle, se lit déjà dans l’espoir qu’ils contribuent à faire renaître au sein des communautés qu’ils servent. Le Prix du Secrétaire général est à portée de main.​

Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA).

Media files